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Neuro-éducation et intelligence artificielle: défis de la construction d'une société du savoir à l'ère numérique

11-13 juin 2026
Université Sidi Mohamed Ben Abdallah à Fès et Université Al-Akhawayn à Ifrane - Fès (Maroc)

https://neuroeduc.sciencesconf.org

Depuis que l'éducation a confirmé sa prépondérance civilisationnelle, culturelle, scientifique et économique au sein des sociétés modernes, elle n'est plus perçue uniquement comme une nécessité de transmission des connaissances et des valeurs assurant une cohésion sociale spécifique. Elle s'impose désormais comme le levier fondamental du développement de l'individu, de l'édification de la société et de la préparation à l'avenir. Son rôle apparaît aujourd'hui central dans toute renaissance civilisationnelle ; son impact est tangible à tous les niveaux, de la petite enfance au développement économique de l'État, allant du transfert des savoirs et des compétences à l'ancrage des valeurs. Par l'adaptation continue de ses méthodes et de ses contenus aux mutations technologiques et sociales, elle contribue à former des citoyens résilients, aptes à s'adapter à un monde en perpétuelle évolution. Ces dernières années, l'éducation a connu de profondes mutations, tant dans sa perspective que dans sa fonction. Elle n'est plus considérée comme une simple transmission de savoirs, mais comme un processus d'adaptation aux mécanismes cérébraux de l'apprenant. C'est dans ce contexte qu'émerge la neuroéducation, conçue comme une alliance singulière entre diverses disciplines, les neurosciences, la psychologie et l'education aboutissant à une interdisciplinarité féconde. L'objectif est sans équivoque: optimiser les processus d'apprentissage en tenant compte de la neuroplasticité et des rythmes cognitifs du cerveau. La neuroéducation se fonde sur une compréhension holistique des fonctions cérébrales et de leur développement. Grâce à l'étude de la structure des zones, des aires et des lobes cérébraux, ainsi qu'à une compréhension approfondie de leurs fonctions, les spécialistes en ingénierie pédagogique et en conception de contenus sont à même d'élaborer des méthodes d'enseignement adaptées aux capacités cognitives des étudiants. Cette approche, qui s'appuie sur la neuroéducation fondamentale, cognitive et développementale, permet aux enseignants de traduire (transposer) les résultats complexes des neurosciences en stratégies pratiques qui développent les processus éducatifs dans leurs multiples dimensions. Actuellement, les politiques éducatives de certaines nations avancées témoignent d'une exploitation profonde et consciente des apports des neurosciences dans le processus de construction des identités cognitives des apprenants. L'enjeu est de renforcer le capital cognitif numérique pour élever le niveau de compétence scientifique, préserver l'hégémonie culturelle et économique, influencer les relations internationales et bâtir la «société du savoir». Le terme « société du savoir » fut employé pour la première fois en 1969 par l'Américain Peter Drucker dans son ouvrage The Age of Discontinuity (L'ère de la discontinuité). Il y désigne un type de société où la diffusion massive de l'information sous l'impulsion des technologies de l'information —, la compréhension des relations qui la régissent et la maîtrise de ses flux conduisent à la création de connaissances, lesquelles deviennent progressivement le facteur central de l'économie. Dans la mesure où les médias, tels que les NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) et Internet, contribuent à densifier l'information, la majorité de nos activités humaines et économiques dépendent désormais du transfert d'informations, de la communication et de l'acquisition de savoirs. Dès lors que nous saisissons, avec Gaston Bachelard (1938) dans La Formation de l'esprit scientifique, que la connaissance est une réponse à une question, nous avons la certitude que le savoir est développé par des chercheurs et des scientifiques qui posent les bonnes questions, mènent des expériences et aboutissent à des conclusions transmises à autrui. Par conséquent, tout projet visant à bâtir une société du savoir requiert une élite de chercheurs et de scientifiques pour en réaliser les constantes fondamentales, à savoir : • Le renforcement du capital cognitif numérique ; • La production et la gestion consciente de l'information et des savoirs ; • L'édification d'un système éducatif et pédagogique de qualité pour tous ; • Une adhésion évoluée et consciente aux révolutions numériques modernes. Dès lors, comment pouvons-nous édifier la société du savoir et œuvrer à leur développement et à leur prospérité ? Notre congrès tentera d'approcher cette problématique en adoptant des pistes de recherche examinant les processus de production, d'utilisation et de diffusion de la connaissance dans plusieurs domaines vitaux. Ces domaines sont liés à la relation établie entre les neurosciences, l'éducation, la numérisation et l'intelligence artificielle, ainsi qu'à leur importance capitale dans la construction de la société du savoir, selon les axes suivants : I. L'éducation et la construction de la société du savoir: entre préalables cognitifs et priorités pédagogiques • Le renforcement des mécanismes de production, d'appropriation, de construction et de transfert de la connaissance par l'adoption des technologies modernes. • La valorisation de la langue/des langues dans l'édification de la société de la connaissance. • L'importance de la traduction et son impact sur le renforcement de la présence linguistique arabe à l'échelle mondiale. II. La recherche éducative moderne et le renforcement du capital cognitif • Les approches cognitives et neuronales modernes en éducation. • La neuroéducation : vers une pédagogie fondée sur les sciences cognitives. III. La linguistique cognitive et la linguistique appliquée (didactique) : entre difficultés et troubles • Les difficultés d'apprentissage des langues et les approches modernes adoptées pour les surmonter. • Les troubles du langage : construction de batteries de diagnostic et de remédiation adaptées aux types de troubles et aux spécificités contextuelles. IV. Langue, éducation et révolution numérique • Projets arabes et internationaux de Traitement Automatique du Langage (TAL). • Langues, numérisation et intelligence artificielle : entre exigences technologiques et constantes éthiques. • Conceptions de contenues adaptifs et intelligents à l'aide de l'intelligence artificielle. Il nous incombera également, en traitant l'ensemble de ces axes lors de ce congrès en harmonie avec les résultats des recherches et études qui en étofferont les actes, d'aboutir à des conclusions formulées sous forme de recommandations conscientes de l'ampleur des enjeux. Celles-ci devront être capables de fournir un ensemble de moyens et de stratégies à même de couvrir une part significative des besoins éducatifs, linguistiques, techniques et cognitifs exigés par les projets de construction des sociétés du savoir, de faciliter leur adoption dans notre contexte arabe, et de rehausser le niveau d'intérêt pour nos constantes culturelles, civilisationnelles et humaines.
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