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57e Congrès SHMESP - Des femmes ‘puissantes’ ? Les modalités de l’action féminine au Moyen Âge

27-31 mai 2026
Université Lille III / Hospice Comtesse - Lille (France)

https://shmesp-57-2026.sciencesconf.org

Le 57e Congrès de notre Société se tiendra à l'Université de Lille, du 28 au 31 mai 2026, sur le thème suivant : Des femmes ‘puissantes' ? Les modalités de l'action féminine au Moyen Âge. En 1992, le volume de L'histoire des femmes en Occident, dirigé par Christiane Klapisch-Zuber, avait largement contribué à offrir « une série d'observations, de méditations sur le personnage ‘femme', sans courber l'échine devant un supposé ‘mâle Moyen Âge' ». Et tandis que Robert Fossier, à qui l'on doit cette remarque, continuait à opposer frontalement hommes et femmes, Georges Duby lui-même reconnaissait à ces femmes, dont l'historien regrettait de ne pouvoir en saisir que l'image, une « puissance singulière ». Inspirée par cette citation, tout autant que par le titre du roman de Marie NDiaye, primé par le Goncourt en 20093, l'équipe lilloise propose pour le Congrès de 2026 le thème suivant : Des femmes ‘puissantes' ? Les modalités de l'action féminine au Moyen Âge. Dans le sillage de ce renouvellement historiographique amorcé au tournant des années 70 et 80, les médiévistes de l'université de Lille n'ont cessé d'enrichir et de soutenir cette thématique. À la faveur de colloques organisés in situ et dans la région, et des travaux personnels développés par Régine Le Jan, Emmanuelle Santinelli, Jean-Baptiste Santamaria, Christelle Balouzat-Loubet, sans oublier ceux des étudiants en master et en doctorat, l'histoire des femmes s'est enrichie de cette vitalité locale, elle-même inscrite dans un dialogue constant avec nos collègues belges et dans un courant international de longue durée qui éloigne l'histoire des femmes du simple effet de mode et confirme son caractère essentiel dans l'appréhension des sociétés médiévales. Cette thématique n'a pas seulement vocation à ajouter une nouvelle pièce originale au puzzle de nos rencontres. Cette histoire des femmes, envisagée sous l'angle des modalités de l'action, installe la réflexion dans une volonté de saisir l'agir féminin en contexte, pour ce qu'il est, à distance d'une conception masculine, voire masculiniste qui n'envisagerait la puissance féminine qu'à l'aune des réussites et des manifestations d'autorité. Partant du constat de la multiplication des enquêtes dominées par les études de genre dans le monde anglophone, la thématique permettra de faire le point sur les nombreuses pistes de recherche que nos historiennes et historiens n'ont cessé et ne cessent d'enrichir. Didier Lett, en plusieurs publications, a livré de précieux bilans de l'histoire des femmes et du genre, soulignant cette domination de la recherche en langue anglaise, mais également les spécificités des historiographies nationales tournées respectivement vers l'histoire religieuse en Italie, l'histoire politique et économique en Grande-Bretagne, l'histoire sociale en France, etc. pour la discipline archéologique, fait également le même constat paradoxal : bien que la thématique séduise les chercheuses et chercheurs depuis quelques années, l'étude du genre par les preuves matérielles et biologiques, qui pourtant permettent d'interroger la construction sociale et normative des identités et des cultures, ne bénéficie pas encore de synthèses en français en nombre suffisant. Ces grandes tendances, dessinées en 2020, ne résistent pas aux dynamiques actuelles plus générales qui voient se multiplier les travaux doctoraux et les initiatives de recherche collective, dont ce congrès se voudra le révélateur. Terre de la Devotio moderna, des marchandes maîtresses de leur commerce, des princesses régnantes ou régentes de leur territoire, des abbesses autoritaires, le nord de la France, ancien comté de Flandre, apparaît comme un lieu idoine, tant par son histoire que par sa tradition historiographique pour accueillir un congrès dont les perspectives se doivent cependant d'être soigneusement définies, tant le sujet peut s'avérer immense et périlleux. Il est proposé d'appréhender cette histoire sous l'angle du pouvoir et de ses limites. Le titre invite, non pas à privilégier exclusivement les femmes nobles ou dont le statut socio-économico-politique les place dans une position de supériorité de classe, mais à scruter tout autant les parcours, les actions, les conquêtes, les savoirs, les ruses, les stratégies, les ambitions, les embûches, les interdits, les échecs qui rythment et accompagnent les chemins de vie des femmes médiévales ‘ordinaires'
Discipline scientifique : 

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